Comment les entrepreneurs français utilisent légalement des sociétés bulgares

Par l'équipe Bizport EUPublié : mai 2026

Avis important

Cet article fournit des informations générales à des fins éducatives. Il ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal. Le droit fiscal français est complexe et fréquemment mis à jour. Avant de mettre en place une structure de société étrangère, consultez toujours un avocat fiscaliste ou un expert-comptable français qualifié et familier des structures internationales.

L'IS (impôt sur les sociétés) bulgare à 10 % et la retenue à la source sur les dividendes à 5 % font de la Bulgarie l'une des juridictions de l'UE les plus attractives pour les entrepreneurs. La charge fiscale combinée française sur les entreprises gérées par leur propriétaire — IS à 25 %, cotisations sociales sur les salaires et jusqu'à 30 % de prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les dividendes — peut dépasser largement les 50 % sur un euro de bénéfice. Cette arithmétique pousse les fondateurs français à explorer des structures bulgares. La loi, cependant, trace des frontières claires entre la planification fiscale légitime et les montages abusifs.

1. Pourquoi la pression fiscale française pousse les entrepreneurs à chercher ailleurs

L'IS français pour les sociétés dont le chiffre d'affaires dépasse 10 millions d'euros est de 25 %. Les petites entreprises bénéficient d'un taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice — mais tout ce qui dépasse est imposé au taux plein. Lorsque les bénéfices sont distribués sous forme de dividendes, le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou « flat tax ») de 30 % s'applique (incluant 17,2 % de prélèvements sociaux). Un fondateur qui perçoit un salaire de sa propre société supporte des charges sociales supplémentaires pouvant atteindre 45 % sur la part salariale.

La Bulgarie, membre de l'UE depuis 2007 et de la zone euro depuis janvier 2026, prélève 10 % d'IS et 5 % de retenue à la source sur les dividendes — un taux effectif combiné d'environ 14,5 % sur un euro de bénéfice distribué. La différence n'est pas une zone grise ni une position agressive : elle résulte directement de la politique fiscale souveraine de la Bulgarie, pleinement reconnue par l'UE et l'OCDE.

L'article 49 du TFUE garantit à tout citoyen de l'UE le droit d'établir une entreprise dans n'importe quel État membre dans les mêmes conditions que les ressortissants nationaux. En tant que citoyen français, vous avez un droit inconditionnel de vous immatriculer en Bulgarie. La CJUE a confirmé dans l'arrêt Cadbury Schweppes (C-196/04) que la législation SEC ne peut pas s'appliquer à des sociétés véritablement établies dans d'autres États membres — ce qui constituerait une violation de l'article 49, sauf si la société est un « montage purement artificiel » sans réalité économique.

Ce précédent de la CJUE ne prévient cependant pas la France d'appliquer ses règles SEC aux sociétés-écrans sans substance. La loi qui vous protège est la même qui exige une activité réelle.

3. Règles SEC françaises : Article 209 B et Article 123 bis CGI

Article 209 B CGI — Règles SEC pour les personnes morales

L'article 209 B CGI s'applique aux sociétés françaises (ou établissements stables) qui contrôlent au moins 50 % d'une entité étrangère soumise à un impôt inférieur à la moitié du taux français (soit moins de 12,5 %). Une filiale bulgare à 10 % entre dans ce champ d'application. Lorsqu'il est déclenché, la France attribue les bénéfices de l'entité bulgare à la société mère française comme s'ils avaient été distribués — imposés au taux d'IS français.

L'exonération clé : si l'entité étrangère « exerce une activité industrielle ou commerciale effective » dans son pays d'établissement, l'article 209 B ne s'applique pas. Qu'est-ce qui constitue une « activité effective » ? La DGFiP examine : les employés locaux, les clients locaux, les comptes bancaires locaux, les locaux et la gestion documentée en Bulgarie. Une société ayant de véritables opérations en Bulgarie — pas seulement une adresse enregistrée — échappe à ce dispositif.

Article 123 bis CGI — Règles applicables aux actionnaires personnes physiques

L'article 123 bis CGI vise les personnes physiques résidant en France qui détiennent plus de 10 % dans une entité étrangère soumise à un régime fiscal privilégié (moins de la moitié du taux français). Il attribue un revenu notionnel à la personne physique calculé sur l'actif de l'entité étrangère, indépendamment du fait qu'un dividende ait été distribué. Cette règle est spécifiquement conçue pour les véhicules d'investissement passifs et les structures holding.

Comme l'article 209 B, l'article 123 bis prévoit une exonération de substance pour les entités ayant une activité économique réelle. La CJUE et les juridictions administratives françaises ont constamment confirmé cette exonération lorsque des opérations réelles sont documentées. La charge de la preuve incombe au contribuable.

Indicateurs d'une structure juridiquement défendable

  • Activité économique réelle en Bulgarie : La société a des clients hors de France, fournit des services véritablement rendus depuis la Bulgarie et crée de la valeur grâce à des opérations bulgares.
  • Direction locale : Un dirigeant bulgare prend de véritables décisions commerciales — approuve les contrats, gère les relations, exploite les comptes bancaires — et ne se contente pas de valider des instructions reçues depuis la France.
  • Traçabilité documentée des décisions : Les procès-verbaux de réunions, les échanges de courriels et les contrats démontrent que les décisions de gestion ont été prises en Bulgarie, et non à distance depuis Paris.
  • Déclaration complète : L'entité bulgare est déclarée sur la déclaration d'impôts française (formulaire Annexe 3916-bis pour les comptes bancaires ; annexes pertinentes pour les participations dans des sociétés étrangères). Rien n'est dissimulé à la DGFiP.
  • Clarté de la résidence fiscale : Si le fondateur a déménagé en Bulgarie (183 jours ou plus), la question de la substance disparaît en grande partie — la DGFiP ne peut pas imposer le revenu d'une société bulgare d'un résident bulgare en vertu des règles françaises, une fois la résidence fiscale française dûment abandonnée.

5. Quand on franchit la ligne

Indicateurs à haut risque

  • Le fondateur reste résident fiscal français à plein temps et prend toutes les décisions de la société depuis la France. L'entité bulgare n'a pas d'employés locaux, pas de vrais clients locaux et pas d'empreinte opérationnelle au-delà d'une adresse enregistrée.
  • 100 % des revenus de la société proviennent de clients français, avec des services fournis depuis la France. L'adresse bulgare est utilisée uniquement pour acheminer les factures.
  • La société étrangère n'est pas déclarée sur la déclaration d'impôts française. Les comptes bancaires détenus par l'entité étrangère ne sont pas déclarés via le formulaire 3916-bis.
  • La structure n'a aucune raison économique autre que le différentiel fiscal. Les tribunaux appliquant la doctrine de l'abus de droit (Art. L. 64 LPF) examinent si le but principal ou exclusif du montage était l'évasion fiscale.

Si la DGFiP déclenche une procédure d'abus de droit au titre de l'article L. 64 LPF, les conséquences sont sévères : redressement de tous les impôts éludés, intérêts de 0,20 % par mois et une pénalité de 40 à 80 % du montant redressé (80 % si la fraude est jugée intentionnelle).

6. Structures légales pour les fondateurs français

Délocalisation fiscale complète en Bulgarie

La structure la plus propre. Le fondateur renonce formellement à sa résidence fiscale française : radiation à la mairie, déclaration de départ fiscal (formulaire 2042) et établissement d'une véritable résidence en Bulgarie (183 jours ou plus, résidence principale, activité professionnelle). Une fois résident fiscal bulgare, l'EOOD bulgare est entièrement imposé selon le droit bulgare. Les revenus de source française (loyers, retraites françaises) peuvent rester imposables en France en vertu de la convention fiscale France-Bulgarie.

Opérations bulgares actives (fondateur résident français)

Le fondateur reste en France, mais l'EOOD exerce une véritable activité commerciale en Bulgarie : un dirigeant local, une prestation de services basée en Bulgarie, des clients internationaux. L'exonération SEC française pour « activité industrielle ou commerciale effective » est invoquée. La structure et la documentation doivent être validées par un avocat fiscaliste français avant la mise en œuvre.

SAS / SARL française → filiale EOOD bulgare

La société française crée une filiale bulgare qui fournit de véritables services (développement informatique, opérations, support client) à la société mère française. Les règles de prix de transfert s'appliquent : la tarification intra-groupe doit être établie aux conditions de marché. La structure permet une efficacité fiscale partielle tout en maintenant une séparation opérationnelle claire. Adaptée aux entreprises ayant une véritable croissance en Bulgarie.

7. Procédure étape par étape pour les citoyens français

  1. 1
    Consultez d'abord un spécialiste français en fiscalité internationale.

    Avant tout dépôt ou immatriculation, obtenez des conseils écrits d'un avocat fiscaliste français sur votre situation spécifique. Le coût du conseil est dérisoire comparé au coût d'un redressement fiscal.

  2. 2
    Rédigez et apostillez une procuration chez un notaire français.

    La procuration notariée doit être apostillée à la Cour d'appel ou au Tribunal judiciaire compétent pour votre département. Elle autorise Bizport EU à agir en votre nom en Bulgarie.

  3. 3
    Fournissez une copie certifiée conforme de votre passeport français ou de votre carte nationale d'identité.

    Une copie notariée est requise pour le traitement KYC.

  4. 4
    Dépôt du capital social.

    Le minimum est de 2 BGN (environ 1 €). En pratique, 100 à 500 € est courant. Le dépôt est effectué sur un compte de dépôt bancaire bulgare ; Bizport EU peut s'en charger en votre nom.

  5. 5
    Dépôt au Registre du commerce et immatriculation à la NRA.

    Bizport EU dépose le dossier au Registre du commerce bulgare (3 à 5 jours ouvrables). L'immatriculation fiscale à la NRA et la mise en place du bureau virtuel suivent immédiatement après l'approbation.

  6. 6
    Déclarez l'entité étrangère sur votre déclaration d'impôts française.

    Déposez les annexes pertinentes auprès de la DGFiP en déclarant votre participation dans la société bulgare et tout compte bancaire bulgare. Ce n'est pas une option — c'est une obligation légale en vertu du droit fiscal français.

8. Questions fréquentes

Un citoyen français peut-il légalement détenir une société bulgare ?

Oui. En tant que citoyen de l'UE, un ressortissant français a le droit en vertu de l'article 49 du TFUE d'établir une société dans n'importe quel État membre. Il n'existe aucune restriction de nationalité ou de résidence pour détenir ou diriger un EOOD bulgare.

Quelles sont les règles SEC françaises et s'appliquent-elles à un EOOD bulgare ?

L'article 209 B CGI (personnes morales) et l'article 123 bis CGI (personnes physiques) peuvent attribuer les bénéfices étrangers à faible imposition aux contribuables français. Les deux prévoient des exonérations de substance pour les sociétés ayant une activité économique réelle. Un EOOD bulgare avec de véritables opérations en Bulgarie est généralement hors de portée. L'analyse dépend des faits spécifiques — consultez un avocat fiscaliste français.

Qu'est-ce qui constitue une substance économique réelle en Bulgarie ?

Les indicateurs de substance comprennent un dirigeant bulgare prenant de véritables décisions, des opérations physiques en Bulgarie, des revenus de clients hors de France, une traçabilité documentée des décisions et une activité bancaire bulgare. Le poids accordé à chaque facteur dépend de la nature de l'activité.

Que se passe-t-il si l'administration fiscale française requalifie ma société bulgare en société française ?

Si la DGFiP détermine que le siège de direction effective est en France, la société bulgare peut être traitée comme un résident fiscal français — soumise à l'IS français (25 %), plus des intérêts et pénalités. Le risque est le plus élevé pour les sociétés sans présence bulgare réelle servant exclusivement des clients français.

Dois-je déclarer ma société bulgare à l'administration fiscale française ?

Oui. Les résidents fiscaux français doivent déclarer les participations dans des sociétés étrangères et les comptes bancaires sur leur déclaration annuelle d'impôts (formulaire 3916-bis et annexes pertinentes). La non-déclaration est passible d'amendes importantes en vertu du droit fiscal français.

Prêt à structurer votre entité bulgare ?

Bizport EU prend en charge l'immatriculation, le bureau virtuel et la comptabilité en cours. Vous gérez les conseils fiscaux français — nous gérons tout en Bulgarie.

Conforme AML/CFT

Respect de la loi sur les mesures contre le blanchiment de capitaux.

Accepté par la NRA

Adresses entièrement conformes pour la correspondance fiscale.

Sécurisé RGPD

Chiffrement de niveau bancaire pour toutes vos données.